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La commission que vous payez aux plateformes est souvent le prix de votre délai de réponse

Un voyageur qui écrit à 23 h et reçoit une réponse le lendemain matin a déjà réservé ailleurs. Ce que le délai de réponse coûte en commission, et comment le réduire.

Woorkers5 min de lecture

Dans l'hôtellerie et l'hébergement touristique, la part de réservations passant par les plateformes est vécue comme une donnée du marché : elles ont l'audience, elles prennent leur commission, il faut s'en accommoder. C'est vrai pour la partie de la demande qui ne vous connaît pas.

Ce n'est pas vrai pour la demande qui vous a déjà trouvé. Un voyageur qui envoie un message par votre formulaire ou votre adresse email a déjà fait le travail que la plateforme facture : il a identifié votre établissement et il vous contacte en direct. À ce stade, la commission n'est plus le prix de l'audience. Elle devient le prix de votre délai de réponse.

Ce qui se passe entre 21 h et 9 h

Les demandes d'hébergement suivent un rythme très marqué. Elles arrivent en soirée, en fin de semaine, et pendant les congés — c'est-à-dire quand les gens organisent leurs voyages, et quand la réception est fermée ou mobilisée sur les clients présents.

Le comportement du voyageur, lui, ne connaît pas les horaires d'ouverture. Il envoie sa demande, attend quelques minutes, et poursuit sa recherche. S'il obtient une confirmation immédiate sur une plateforme pour un établissement comparable, il la prend. La réponse qui arrive le lendemain à 9 h 30 est adressée à quelqu'un qui a déjà payé.

Le point important est que cette réservation n'a pas été perdue au profit de la plateforme sur le prix, ni sur les photos, ni sur les avis. Elle a été perdue sur douze heures de silence, et elle sera comptabilisée comme une réservation de plateforme, avec sa commission.

Le coût est masqué par la façon de le compter

La commission apparaît dans les comptes comme un coût de distribution, ligne dans laquelle elle se confond avec l'acquisition d'une clientèle réellement nouvelle.

Or ces deux populations n'ont rien à voir. Le voyageur qui découvre l'établissement dans un moteur de recherche de plateforme a un coût d'acquisition légitime. Le voyageur qui a écrit en direct la veille au soir et qui a fini par réserver via une plateforme a été payé deux fois : une fois en effort de visibilité pour qu'il vous trouve, une fois en commission pour qu'il réserve.

Tant que ces deux flux sont agrégés, l'établissement conclut que sa dépendance aux plateformes est structurelle. Séparés, ils montrent qu'une partie de cette dépendance est produite par l'organisation interne.

Les trois exigences du canal direct

Répondre vite ne suffit pas. Le canal direct doit être au moins aussi confortable que la plateforme sur trois points, faute de quoi le voyageur revient vers ce qu'il connaît.

L'immédiateté. La plateforme confirme en quelques secondes. Une réponse en dix minutes reste compétitive, une réponse en douze heures ne l'est pas. C'est la seule exigence qui se joue sur un ordre de grandeur.

La langue. Une part importante de la demande arrive dans une autre langue que le français, et cette part augmente sur les créneaux nocturnes puisqu'ils correspondent à d'autres fuseaux horaires. Une réponse en français à une demande en allemand est perçue comme une réponse partielle, même si l'information est juste.

La complétude. Le voyageur ne veut pas seulement savoir s'il reste une chambre. Il veut savoir l'heure d'arrivée possible, si le parking est disponible, si les animaux sont acceptés, ce que comprend le petit-déjeuner. Une réponse qui laisse trois questions ouvertes déclenche un aller-retour supplémentaire, ce qui ramène le délai à l'échelle de la journée.

Ces trois exigences ont un point commun : aucune ne demande de jugement. Ce sont des informations factuelles, stables, déjà écrites quelque part dans l'établissement.

L'actif que personne n'exploite

Le second sujet du secteur est le fichier des clients déjà venus, et il est plus rentable que le premier.

Un client qui a séjourné chez vous et qui en est reparti satisfait est le prospect le moins cher qui existe : le coût d'acquisition est amorti, la confiance est établie, et il n'a besoin d'aucune information pour décider. Pourtant la relance saisonnière se limite le plus souvent à un envoi générique à l'ensemble du fichier, à une date choisie pour des raisons internes.

L'écart d'efficacité entre cet envoi générique et une relance qui tient compte du séjour effectué — la période, la composition du groupe, la durée, ce qui avait été demandé sur place — est important. Il ne demande pas de nouvelles données : ces informations sont déjà dans le système de réservation. Il demande seulement qu'elles soient utilisées, ce qui ne se fait pas à la main sur plusieurs milliers de fiches.

Comment mesurer votre situation

Quatre chiffres, sur une saison complète.

  1. Le délai médian de première réponse aux demandes directes, calculé sur les demandes arrivées hors horaires d'ouverture. La moyenne globale est trompeuse : elle est écrasée par les demandes de milieu de journée traitées en cinq minutes.
  2. Le taux de conversion des demandes directes en réservation directe. Comparez-le entre les demandes arrivées en journée et celles arrivées le soir. L'écart mesure exactement ce que coûte le silence nocturne.
  3. La part des demandes directes reçues dans une langue étrangère, et le taux de conversion de ce sous-ensemble.
  4. La part des réservations issues de clients déjà venus. En dessous de 15 %, l'actif le mieux margé de l'établissement n'est pas exploité.

Si le taux de conversion des demandes nocturnes est nettement inférieur à celui des demandes diurnes, la dépendance aux plateformes n'est pas subie : elle est produite par une plage horaire non couverte.

Par où commencer

Le premier chantier est la réponse aux demandes de disponibilité et aux questions pratiques, dans toutes les langues et à toute heure. C'est celui dont l'effet se lit le plus vite, en une saison, sur la part de réservations directes. Responder prend en charge les canaux écrits, avec Scheduler pour les modifications de réservation et les heures d'arrivée.

Le second est la relance des clients de la saison précédente, segmentée sur le séjour réellement effectué, portée par Marketer. Elle produit plus de marge que le premier chantier, mais son effet se mesure sur un cycle saisonnier complet, ce qui la rend moins lisible au démarrage.

Le détail des processus, de la demande de disponibilité en soirée à la relance de la saison précédente, figure sur la page agents iA pour le tourisme et l'hôtellerie.

Ce que cela donnerait chez vous

Trente minutes suffisent pour identifier le processus à automatiser en premier dans votre activité.

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